I’ve lost my toy scalpel

• Killjoys, space opera, dispo Netflix (trois saisons, 10 épisodes chacunes).
Après avoir revu Firefly je me sentais toujours d’humeur spatiale et j’ai enfin tenté cette série qui me semblait être un peu kitsch, Syfy fait des trucs un peu louches des fois. Les premiers épisodes correspondaient bien à cette impression, ficelles narratives un peu grossières, l’héroïne type super sexy, super badass et en même temps avec un sombre passé. Mais au fur et à mesure, les personnages secondaires aidant, l’humour, la diversité, les femmes qui ont des rôles variés et l’action m’ont fait changer d’avis. J’ai regardé avec plaisir les deux premières saisons (qui auraient pu se suffire quand même), et je regarderais la suite.
A retenir : c’est plus intéressant et moins kitsch que ça n’en a l’air. Chasseurs de primes dans l’espace, mystérieuse conspiration et (très) joli.es garçons et filles.

♡ The Good Doctor, médical & autisme (une saison, 18 épisodes, renouvelée).
Les prémices : un jeune interne en chirurgie autiste, Shaun, vient d’être accepté dans un hôpital prestigieux. J’étais terriblement curieuse de voir comment Freddie Highmore jouerait son rôle et le syndrome autistique et bon sang de bonsoir c’est l’une des plus belles expériences visuelles que j’ai eu depuis un moment. Je ne suis pas une admiratrice des dramas médicaux, j’ai eu assez de Grey’s Anatomy pour toute une vie, mais ici les intrigues médicales passent au second plan. Ce qui est bluffant c’est le traitement des personnages. C’est sensible, pas facile ou compassé, on a une variété d’individus, pas des stéréotypes. Si un personnage merde, il ne sera pas sauvé par le saint esprit, les actions ont des conséquences. Le rôle de Shaun, la sensibilité du jeu, tout ce que sa personnalité et sa variété d’autisme nous offre sont merveilleux.
A retenir : une série profondément humaine et j’ai envie de le revoir (ça fait une journée que j’ai terminée).

 • Collateral, polar sans polar, dispo Netflix (mini-série, 4 épisodes).
Un livreur de pizza, Abdullah Asif, est assassiné en pleine rue, l’inspectrice Kip Gilespie et son partenaire vont mener l’enquête. Annoncé comme ça cela ne semble pas folichon. Mais si. La mort d’Abdullah est comme un prisme, cristallisant toutes les problématiques qui polluent notre société : le racisme, l’émigration illégale, le journalisme de bas étage, les politiciens sans humanité, et toutes les petites lâchetés qui nous composent. C’est une série déroutante, qui ne cherche pas à vous convaincre de quoi que ce soit, elle vous présente avec un portrait de la société et vous laisse en tirer vos propres conclusions. La bonté, le doute, la confiance, l’entraide, la peur, la méfiance, toutes ces émotions, la priorité que les personnages leur donnent nous apprennent quelque chose.
A retenir : une fresque qui n’offre pas de réponses magiques mais une perspective peut-être.

J’ai aussi vu la première saison de The Alienist dernièrement, c’était pas mal, mais les séries trop noires ne sont décidément plus ma tasse de thé. Et dans le genre sucré voir sirupeux, Un soupçon de magie (Good Witch) est parfait pour se vider l’esprit et se concentrer sur des problèmes futilement terribles. Pratique aussi en fond sonore quand on fait une frise chronologique sur l’abolition de l’esclavage aux Etats-Unis.

De la science-fiction, une série médicale, un polar qui n’en est pas un, il y en a pour tout le monde. Qu’allez-vous choisir ?

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2017, des films.

J’ai vu en 2017 plus de films que je n’ai jamais découvert en un an (aka 77). L’un des facteurs est que j’ai dû regarder une vingtaine de Westerns pour un cours d’agrégation d’anglais, mais aussi que grâce à mon abonnement Netflix j’ai moins hésité à découvrir de nouvelles choses. Alors en avant pour les coups de cœur !

> Hidden Figures (2016): femmes intelligentes et méconnues + astrophysique = une Matilda contente. Je n’ai rien de négatif à relever sur ce film, c’est inspirant, intéressant, et j’aurais bien aimé être astronaute. Ou savoir faire des additions.
•> The Help (2011): ce film a été une révélation. Je pensais simplement l’aimer, mais j’ai complètement craqué. Les thèmes abordés sont passionnants et le traitement ne comporte pas de fausses notes.

•> Blackfish (2013): si on m’avait dit un jour que je pleurais autant devant un documentaire. Centré sur des orques en captivité, on nous montre le point de vue des animaux (autant que faire se peut), des soigneurs, des gérants de parcs aquatiques. C’est poignant et ça m’a donné envie de distribuer des baffes.
•> World War Z (2013): si les trois films précédents m’ont ému et remué, celui-ci est plutôt dans la catégorie bonne rigolade. Ma passion pour les zombies et le post-apocalyptisme a trouvé dans ce long-métrage un divertissement bien fait. Big up pour la scène de fuite à vélo. Ils devraient y penser dans The Walking Dead.

 •> Wonder Woman (2017): J’attendais ce film avec impatience et appréhension, et malgré des portions qui m’ont moins plu, j’ai pu regarder des scènes de combats de plus de 34 secondes sans m’endormir ! La badasserie, l’humour, un si grands nombre d’actrice diverses sur l’écran en même temps, à quand la suite ?
•> Thor: Ragnarok (2017): comme de juste le dernier Avengers m’avait déçu, mais ce nouveau Thor m’a beaucoup plu. J’ai adoré la bande son, l’image, l’humour. Ce n’est pas mon préféré de l’univers, mais j’avais passé un bon moment au cinéma dans une salle presque vide un matin.

 •> Harry Potter and the Order of the Phoenix (2007): après avoir revu les trois premiers Harry Potter que j’aime, j’ai décidé de continuer pour voir si je détestais autant les suivants que dans mon souvenir. Je confirme que le 4 est archi nul, le 6 hyper sexiste et tirant en longueur, mais le 5 m’a extrêmement surprise en bien. C’était bien rythmé, les acteurs jouent beaucoup mieux que dans les précédents, et j’ai trouvé ça beaucoup mieux monté/logique que les autres. Me reste les deux parties du 7 à regarder, en espérant que je n’aurais pas envie de m’enfoncer des cuillères dans les yeux comme pour le 6.
•> Ella Enchanted (2004): est devenu instantanément un film doudou. L’ambiance kitschounette, les effets spéciaux de ta mamie, l’histoire cucul m’ont conquise. Ça ne casse pas trois pattes à un canard, mais c’est typiquement le genre de film que je veux regarder aux alentours de Noël–Halloween après une journée de devoirs pour la fac. Ça déconnecte le cerveau et c’est bien marrant (l’ambiance m’a fait penser au Dixième Royaume).

J’ai aussi beaucoup aimé quelques uns des westerns que j’ai dû regarder pour mon cours, et voir autant de films anciens m’a donné envie de découvrir plus de classiques et ce même en noir et blanc. Mes préférés ont été entre autre: The Ox-bow Incident (1943) – Stagecoach (La chevauchée fantastique, 1939) – My Darling Clementine (La poursuite infernale, 1946) et Jesse James (1939). Sur ce, j’espère faire autant de chouettes découvertes cette année !

Des trucs à regarder

Après les livres, voici mon avis rapides sur des trucs que j’ai regardé, histoire que la première fois que je vous en parle ne soit pas dans un an dans un bilan de 2017. Les deux séries du jour sont disponibles sur Netflix en France et sont tout simplement époustouflantes, vous êtes prévenu.es.

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The Bletchley circle (ou Enquêtes codées en français) est une série de deux saisons comportant sept épisodes en tout (alors si les longues séries vous saoule, cadeau). Après la deuxième guerre mondiale à Londres, cinq jeunes femmes anciennement travaillant à Bletchley pendant la guerre (et résolvant des codes de l’armée allemande), se retrouvent autour d’une enquête criminelle où il semblerait que leurs connaissances puissent être utiles. Mais qui va prendre au sérieux une femme au foyer dont les services rendus sont classés secret défense ?

Dés les première secondes de la séries j’ai été emballé. Moi qui ne suis pas fan des trucs en rapport avec la deuxième guerre mondiale j’ai adoré les possibilités et les réflexions ouvertes par la série. Des femmes, intelligentes (douées pour craquer des codes, apprendre des langues, ayant une mémoire photographique, etc.), qui ont servi leur pays et ont pu exercer leurs talents se retrouvent propulsées dans la société civile sans escapade autre que la vie de famille, le repassage ou servir dans un café. Loin des clichés, le destin de ces femmes met en relief le manque d’éducation de l’époque, l’attitude de la société envers les femmes, et le besoin d’exercer son esprit.
J’ai adoré les actrices (on peut jouer au bingo : qui ai-je déjà vu dans une autre série de la BBC, réponse : Miss MarpleDeath comes to Pemberley et Sense and sensibility), les différentes personnalités de leurs personnages (et les vêtements !), et la musique. Je suis triste que ce soit terminé, d’autant que la deuxième saison laisse présager qu’on pourrait encore parler de pleins de trucs.

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Si un jour on m’avait dit que je serais passionnée par une série sur le règne d’Elizabeth II, j’aurais un peu rigolé. Si j’adore la civilisation britannique, l’histoire récente de la famille royale me sort par les trous de nez. Alors comment dire, c’est assez bizarre d’avouer que j’ai trouvé The crown absolument brillant, fascinant, époustouflant, que j’ai adoré et que j’ai retenu mon souffle à chaque épisode pour la justesse, la musique, les acteurs.trices ?

Je pense qu’on n’a pas besoin de résumer ce dont ça parle à ce stade, mais sachez qu’on commence la série un peu avant l’accession au trône d’Elizabeth. Alors qu’elle a accepté de faire le tour du Commonwealth que son père, le roi, ne peut entreprendre à cause de sa santé. On couvre aussi dans ce premier épisode son mariage. Si vous avez vu The king’s speech (Le discours d’un roi) en gros on pourrait dire que c’est la suite.
Claire Foy fait une Elizabeth sensationnelle, les nuances de sentiments qu’elle peut montrer, sa retenue, sa froideur, son désir de bien faire sont frappant de justesse. J’ai également aimé tous les autres personnages, Matt Smith par exemple qui fait un Philip qu’on veut claquer. La façon dont ses tourments sont exploités, le fait qu’il doive obéissance à sa reine, qui est aussi son épouse, qu’il doive arrêter sa profession, et vivre où on lui dit, faire ce qu’on lui dit, offre tout simplement un trésor de questionnement et un renversement des rôles passionnants. Il faut simplement se dire que c’est ce que les épouses royales ont toujours fait, et de meilleure grâce. Ses difficultés à accepter la situation ne met que plus en évidence le problème et la dureté de cela pour toutes ces autres reines qui n’avaient pas le luxe de bouder comme lui.
La relation de la reine avec Churchill est également passionnante et j’ai particulièrement aimé l’épisode où il pose pour son portrait. Ses discussions avec l’artiste sont fascinantes et l’historienne que je voudrais être était au comble de la joie.

Je suis très curieuse de voir la suite, et je pourrais encore en dire beaucoup, mais pour le moment je pense que : regardez-mois ça fissa, suffira. C’est lent, c’est dense, c’est passionnant. Et dans la même veine j’ai vu en fin d’année dernière Victoria et c’était tout aussi cool (même si un peu plus mélodramatique).
Côté mini-série historique je me mettrais bien à Rebellion maintenant, c’est aussi sur Netflix, et ça parle de nationalisme en Irlande au début du siècle dernier. N’hésitez pas à m’en conseiller d’autres !