Je voulais mettre une citation de Gilmore Girls, mais incapable de me souvenir de ce que j’avais trouvé si drôle il y a quelques heures. Bon tant pis.

Le retour des photos dans le brouillard ; au moins cette fois je n'étais pas coincée sur une montagne.

Je profite une nouvelle fois de finir des vacances pour écrire un article. A croire qu’il y a un lien de cause à effet entre ces deux occurrences.

Je viens donc de vivre un mois et demi de ma première année de master. Et oh boy ! Bien sûr c’est un truc que tu entends que le master est différent de la licence, tu te dis oké c’est bon, mais entre le savoir et le vivre il y a un gouffre. De vingt-deux heures de cours on passe à onze et ces onze heures de cours demandent plus de préparation que ces vingt-deux heures de licence. Les devoirs ne consistent plus en petits exercices ou même dissertation et commentaire à faire de temps en temps. Il s’agit de lire une centaine de pages d’articles scientifiques par semaine, de les commenter, de pouvoir les présenter et les expliquer, et ajouté à cela le boulot pour le mémoire et des conférences auxquelles il faut assister.

J’ai déjà fait trois présentations en classe (ça ne devait pas m’être arrivé depuis genre le lycée), ainsi qu’une de mon mémoire dans un amphi. Inutile de dire que je n’ai aucun souvenir de cette expérience tellement j’ai flippé ma mère.
Je suis plus que ravie d’avoir bossé sur mon mémoire pendant l’été et d’avoir trouvé mon sujet, si j’avais dû ajouter cela à la charge de travail que j’ai en ce moment je ne sais pas comment j’aurais fait. Et en dehors de ces contraintes de boulot personnel, les cours de master (en cursus d’anglais en tout cas) ne ressemblent vraiment pas à ceux de la licence. Plus de cours magistraux où il faut gratter, mais plutôt des discussions et un truc plus intéressant puisque les profs semblent réellement intéressés par ton avis.
Alors d’un côté j’adore ce changement de cap, le fait que l’on réfléchisse plus sans pondre des commentaires tous les quatre matins, mais d’un côté je crois ne jamais avoir été autant stressé de ma vie scolaire. De plus je vous avoue qu’après avoir lu ma centaines de pages d’articles, plus les bouquins à lire pour les cours et le mémoire, je n’ai pas envie de me plonger dans un roman. Je suis donc en train de lire la même chose depuis trois semaines et c’est très grave. Il faut que je le finisse d’ici demain, histoire que ça ne me pèse pas sur l’esprit à la reprise des cours.

Et après ce passionnant récit de ma vie à la fac, parlons tout de même de ce que j’ai lu dernièrement (plutôt en septembre) et qui était chouette (ou pas).

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Mi septembre j’ai découvert The dark days club dans mes suggestions Goodreads et j’ai tout de suite eu envie de le lire. Angleterre, 1812, Lady Helen est une orpheline à la charge de son oncle et sa tante. Elle va faire ses débuts en société et tout doit se passer comme sur des roulettes sinon elle sera la risée du monde, cependant une force étrange semble s’emparer d’elle et ouvrir tout un nouvel univers bien sombre peuplé de démons et autres joyeusetés.
Présenté de cette façon ça n’a pas l’air hyper original, mais en fait c’était vachement cool. Je n’avais jamais lu Alison Goodman, même si Eon me tentait bien, et je l’ai donc découvert avec ce premier volume. J’ai adoré que ce soit un gros bouquin qui prenne son temps et vous dépeigne la période Régence avec autant de détails. J’ai lu des critiques qui n’avaient pas apprécié un supposé info dumping, mais j’ai trouvé cela bien amené et adéquat. Comme je ne suis pas autant renseignée sur la Régence que sur l’ère victorienne j’ai adoré découvrir cette reconstitution de historique. D’autant plus de Goodman passe pas mal de temps sur les fringues et les petits détails de la vie de tous les jours qui rendent l’Histoire si intéressante.
Je ne dirai pas que j’ai trouvé l’intrigue parfaite, mais je suis définitivement embarquée pour lire la suite quand elle sort.

Comme j’étais toujours dans l’état d’esprit fantastique et historique j’ai enfin lu Le royaume immobile, dernier volume du Paris des Merveilles de Pevel. Si vous êtes des vieux de la vieille, et que vous me suiviez il y a quelques années, vous savez que j’adore Pevel et que le tome précédent, L’élixir d’oubli, est l’un de mes livres préférés au monde. Alors quand j’ai appris qu’une suite allait enfin paraître, dix ans après, j’étais très contente. Le résultat n’a par contre clairement pas été à la hauteur pour moi.
Evidemment quand tu reprends un univers dix ans après tu ne peux l’écrire comme si cela ne faisait que quelques mois, et j’ai trouvé qu’on sentait beaucoup cela dans le bouquin. Je n’ai pas eu l’impression de tout à fait retrouver le Paris des merveilles et Griffont et Isabelle et tout le monde. L’écriture était certes désuète à souhait, mais l’intrigue ne m’emballant pas, j’avais le temps de m’attarder sur les détails qui me déplaisaient et il y en avait pas mal finalement.
Je pense que lors de mes futures relectures j’éviterai ce troisième volume.

Si je ne suis pas emballée pour lire des romans en parallèle de mes lectures universitaires, j’ai tout de même persévéré avec plaisir dans Cesare. Le premier m’ayant vraiment beaucoup plu, j’ai été emprunter un paquet des suivants à la médiathèque. Italie, 15e siècle, Cesare Borgia a été envoyé à Pise par son père, et y étudie à l’université.
Comme pour le premier volume, je suis passionnée par cette reconstitution d’une ville, d’un pays, d’une époque sur lesquel.les je ne sais rien. J’adore voir la façon dont l’université fonctionne et le savoir transmis. Les subtilités du pouvoir religieux, les complots, mais aussi les passages sur l’art sont fantastiques.
Par contre, je dois bien l’avouer, le dessin ne m’impressionnent pas trop. Pour avoir lu des mangas historiques merveilleusement illustrés, Cesare fait un peu pâle figure à côté. Les décors et arrière-plans sont assez simplistes et les faciès des perso pas forcément hyper attrayants. Mais bon je continuerai de lire avec plaisir d’autant que c’est une série courte et qu’on y apprend beaucoup de choses.

En ce moment donc (c’est à dire depuis trois semaines) je suis en train de relire le deuxième volume de La moïra d’Henri Loevenbruck et j’aurais des trucs à dire sur le sujet un de ces quatre. Je pensais relire le troisième tome aussi, mais je doute d’avoir le temps ou l’envie avant les vacances de noël. En attendant je termine mon revisionnage de Gilmore girls, j’en suis à la saison 7 et j’ai terriblement hâte de voir les quatre nouveaux épisodes vont être diffusés.
Sur ce, je vous dit à dans un mois et demi, puisqu’il ne faut pas rêver et imaginer que je serais frappée par la foudre de l’inspiration plus tôt.

Voir un rival que l’on déteste étendu à ses pieds, se débattant dans les angoisses de l’agonie, c’est une trop grande volupté pour se la refuser quand on peut la prendre.

Llandudno Promenade
Llandudno Promenade

J’ai tout à l’heure eu une épiphanie.
Je m’étais lancée dans l’une de mes sessions de lecture de blogs et je me demandais en même temps pourquoi je n’écrivais plus tellement d’articles. Et puis j’ai vu l’analogie ; je lis moins de blogs, moins souvent, alors pourquoi cela serait-il étrange que moi-même j’écrive moins ? Cela pourrait paraître d’une bête simplicité mais cette réflexion m’a d’un coup enlevé le stress, ou tout du moins, le malaise qui apparaissait quand je pensais à mon blog que je n’alimentais plus trop.

La fin de mon année scolaire au Pays de Galles arrive. On pense souvent qu’il reste un ou deux mois à son contrat, mais pas forcément que ça fait déjà plus de six qu’on habite à l’étranger et ce que cela comporte. Cette année m’aura définitivement appris énormément de choses et la chose la plus flagrante aura été mon rapport à l’anglais. Partant d’expectations tout universitaires sur un accent parfait et la volonté d’apprendre des listes de vocabulaire, je me retrouve à simplement aimer utiliser la langue et ne plus avoir de malaise vagal quand je loupe une diphtongue. Mon probable léger changement de direction dans mon parcours universitaire participe à baisser mon stress lié à ma nullité en règles phonologiques.

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Côté culture j’ai été ravie de me retrouver un peu plus. Grâce à sa jolie couverture j’ai découvert les aventures de Lady Emily à la bibli. de ma ville. Jusqu’ici j’ai lu And only to deceive et A fatal waltz. Pour mes copinautes qui aime les polars victoriens, ceci est assurément pour vous. L’appellation de polar est peut-être exagéré concernant le premier volume, mais la suite me semble en prendre plus la tournure. J’ai vraiment beaucoup aimé le premier bouquin qui est d’une profondeur insoupçonné ; j’ai apprécié la façon dont l’ordre social victorien est abordé ainsi que les mariages et leur évolution. L’autrice fait de son Emily une femme qui prend conscience de son intellect et qui essaye de d’équilibrer sa soif de savoir et sa position dans une société dont elle ne veut pas être mise au banc. J’ai adoré en apprendre plus sur l’antiquité grec et lire les réflexions sur les musées (pour lesquels la lady se passionne). J’attends que ma réservation du troisième arrive avec impatience.
Mes vacances en France et une tournée en librairies avec Lynnae m’ont fait piocher le premier volume du manga Arte. L’histoire se déroule en Italie pendant la renaissance et suit une jeune femme de bonne famille qui veut poursuivre sa passion d’artiste peintre. J’ai été très agréablement surprise par le ton féministe de l’ouvrage et son intrigue. J’ai également beaucoup apprécié la postface de l’auteure qui nous met en parallèle le métier de mangaka pour les femmes et celui d’artistes à la renaissance. Bien sûr les illustrations sont très belles et je lirai la suite avec plaisir. Plaisir bonus : pouvoir lire les onomatopées en japonais (il se peut que mon apprentissage de l’allemand ait été mis en pause).

Un rangement parmi les titres de ma PAL m’a permis d’y voir plus clair et j’ai eu envie de lire Le sphinx rouge qui dormait sur mes étagères depuis trois ou autre ans. Ce bouquin se passe entre l’histoire des Trois mousquetaires et de Vingt ans après. Si vous suivez mon blog depuis quelques années vous savez que je suis complètement amoureuse des Trois mousquetaires et que je le considère comme l’un de mes livres préférés au monde, alors forcément lire un ouvrage qui se passe dans le même univers n’était pas quelque chose que je pouvais manquer. Après le siège réussi de la Rochelle nous retrouvons Richelieu qui doit se dépatouiller dans un flots d’intrigues militaires, de cours et de duels.
J’ai beaucoup aimé les parties suivant Richelieu et composant à peu près trois-quart du bouquin. L’écriture de Dumas est drôle, fine et vous transporte direct au 17e siècle. Les intrigues de cours, le réseau d’espions de Richelieu, les machinations, la description de la dynamique royale, tout m’a plu. La fin cependant, comme cela peut être le cas sur un livre de plus de 700 pages m’a un peu désapointée. On passe d’un bouquin centré sur des personnages à une description militaire un peu relou et à une conclusion légèrement décevante. Ça n’enlève pas mon plaisir de lecture mais ça me fait remercier la possibilité de sauter des pages.

Ah oui, je ne vous ai pas parlé de ma découverte de Britannicus de Racine, mais c’est vachement chouette (je n’ai pas étudié à l’université et écrit des essais de littérature pour rien ma p’tite dame, une telle analyse de fond ça se mérite). Et j’ai écouté récemment un podcast de Stuff you missed in history sur Hildegard de Bingen et c’était cool aussi.

Le titre de l’article vient du Sphinx rouge, je ne suis pas passée de végétarienne à tueuse à gage psychopathe.

Le petit tulipier qui pousse à l'école
Le petit tulipier qui pousse à l’école

Thoughts on finishing a journal

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Si j’écris depuis plusieurs années, de la fiction, des articles, je n’avais jamais tenu de journaux. Je ne savais donc pas forcément comment cela marchait. Alors que je remplis les dernières pages de mon premier carnet, j’avais envie de partager quelques réflexions sur cette expérience.

Écrire un journal demande autant de qualité d’écriture que la rédaction d’un ouvrage de fiction.  Je suis une grande amatrice de journaux et j’ai passé mes meilleurs heures de lecture en compagnie des notes de Virginia Woolf, Dorothy Wordsworth ou Sylvain Tesson. Je n’avais cependant jamais pensé, réellement, qu’un bon diariste avait autant de technique et de pratique à avoir qu’un-e romancier-e. Mes journaux ne seront jamais publiés ou lus par quelqu’un d’autre que moi, mais n’empêche, quand j’écris, des questions viennent se poser. Partager toutes mes pensées, donner un compte-rendu prosaïque ou m’épancher sur des pages après avoir admiré la beauté des paysages gallois ? Et que faire quand on a loupé, une voir deux semaines et qu’on veut tout de même en parler ? Wordsworth m’a bien aidé pour ce cas-là.

Écrire à la main prend plus de temps et plus de concentration qu’avec un ordinateur. Après une centaine de pages manuscrites, et la lecture de Dorothy Wordsworth, je me sens plus libre quand je décide d’écrire, cependant l’expérience de tout rédiger à la main (et au stylo plume, histoire d’utiliser cette jolie encre J. Herbin Éclat de saphir) m’a enseigné pas mal de choses. Comme je ne rédige pas de brouillon, j’ai appris que lorsque je me lançais sur le papier sans avoir réfléchi, cela pouvait soit être extrêmement cathartique soit complètement ennuyeux et laborieux. Il faut plus penser avant d’écrire puisqu’on ne peut pas simplement effacer d’un tapotement ce que l’on vient de faire. C’est une pensée différente que celle accompagnant l’écriture sur clavier, le geste prenant plus de temps, on peut former ses idées et complètement changer de tournure avant d’avoir terminer de tracer un mot. Il faut plus une continuité de pensée pour former un tout, que quelque chose de haché qu’on peut éditer à loisir.

Il s’agit du souvenir ultime. Quelque chose que l’on ne peut pas acheter et qui sera unique. Quelque chose que je pourrai relire dans quelques années, qui m’aura appris un peu de patience et de travail en silence. Quelque chose que j’ai entrepris pour occuper mon temps autrement qu’en surfant sur internet et m’ayant permis de développer mon écriture et mon sens de l’observation plus avant.
J’ai hâte de commencer mon deuxième carnet et de vivre, et raconter, la fin de mon voyage.