Du minimalisme et de la lecture

Si vous me suivez sur Instagram vous avez pu voir que cela fait quelques années que je suis dans une démarche de minimalisme / simplicité. Et comme je suis une lectrice, la place des livres dans tout cela est assez importante pour moi. Cet article n’a pas pour but de juger quiconque penserait différemment, mais de vous présenter mon cheminement de pensée et ce que ma démarche m’a apportée.

Qu’est-ce que c’est le minimalisme ?

Pour moi, il s’agit d’un courant de pensée qui considère que se débarrasser d’excès (que ce soit matériel, mental, etc.) permet de vivre une vie plus satisfaisante et centrée sur des choses qui compte le plus pour nous.
Le degrés que ce minimalisme ou vie intentionnelle prend dépend de chacun.e. Le but n’étant pas simplement de se concentrer sur les objets que l’on possède, mais ce que les considérer, en réduire le nombre, permet de découvrir sur soi-même. Par exemple ne faisant plus de séance shopping internet (« juste pour voir ce qu’il y a de nouveaux »), j’ai alloué ce temps à étudier l’allemand ou faire du sport. Ce que je trouve plus intéressant sur le long terme.

Pourquoi parler spécifiquement des livres ?

Depuis que je m’intéresse au sujet j’ai vu pas mal de vidéos, lu des articles, écouté des podcasts, mais je n’ai pas trouvé jusqu’à maintenant quelqu’un qui me parlerait de la place des livres comme un. lecteur.trice le ferait. Je ne définit pas lecteur.trice par un nombre de livres lus par an, mais par le fait que lire n’est pas simplement un passe-temps qu’on a à noël quand « on a le temps », mais quelque chose qui soutient la vie et sans lequel on ne pourrait pas exister (on fait un peu dans le dramatique oui).
A ce moment là les phrase du type « débarrassez vous de tous vos livres lus, personne ne relit de nos jours » ou « vous pouvez juste emprunter toutes vos lectures » ne sont tout simplement pas adaptées ou assez nuancées. Pour ma part relire est une chose que j’adore, que je fais presque tous les mois et qui justifie que je garde des livres déjà lus.

Comment j’en suis arrivée là ?

Avant la fin du lycée je n’avais pas trop de livres chez moi. Je lisais déjà pas mal, mais j’empruntais beaucoup à la bibli. et sans argent de poche, mes achats étaient limités aux fois où je gagnais des sous en tondant le gazon  ou en conduisant un tracteur en été (ouais je viens de la campagne). Mais quand j’ai eu 18 ans et une carte de crédit cela a légèrement dégénéré. J’ai ouvert mon blog de lecture (raison et sentiments pour les vieux de la vieille), découvert les PAL et les boutiques d’occasion et je me suis retrouvée cinq ans plus tard avec 900 livres non lus sur les bras (et mes étagères).
Remarquez qu’à ce moment là j’étais ravie de pouvoir piocher dans ma bibli. selon mes envies et toujours trouver quelque chose qui satisfasse mon envie du moment. Mais après une rupture, et quelques vidéos et articles ayant planté leur petite graine, j’ai commencé à être submergé par la masse physique et mentale que prenait ces volumes. Cinq ans plus tard ma PAL est à 11.

Evolution de ma PAL, 319 en 2015, une douzaine maintenant.

Qu’est-ce qui m’a inspiré ?

Quand je vidais mes étagères je pensais notamment à L’art de la simplicité, que je n’avais pas lu, mais dont le titre seul me permettait de me demander si posséder telle ou telle chose était en accord avec ce principe (quand j’ai essayé de le lire finalement il y a quelques années il ne m’a pas du tout plu par contre…).
Mon amie Emily du blog Escapisme a aussi permit que je commence à me poser des questions. N’ayant pas la place pour, elle n’a jamais pu posséder une PAL gigantesque, mais pour autant elle semblait survivre et astucieusement quand elle lisait un livre le revendait quelque temps plus tard pour faire de la place.
Pour finir ces deux vidéos m’ont pas mal interpellé. La première « I killed my TBR » (J’ai tué ma PAL) m’avait assez perturbé la première fois que je l’avais vu, alors que maintenant je trouve ça très sain. La deuxième est une découverte plus récente, et qui pourrait faire réfléchir sur le « soi fantasmée » (fantasy self) qu’on accroche à des objets.

Comment je décide ce que je vais garder ?

Contrairement à la mode lancée par Marie Kondo et son Life changing magic of Tidying Up, je ne me pense pas que se débarrasser de ses objets doivent obligatoirement se faire en une fois et n’aura plus jamais lieu si vous le fait « bien ». Quand on s’attaque à quelque de si émotionnel et ancré dans sa vie, comme les livres pour moi, je pense que prendre son temps dans le processus est conseillé. Ainsi on ne regrette pas ce que l’on a plus et on peut diminuer ses achats et son accumulation sans penser qu’on se prive.
C’est pour cette raison que réduire ma PAL (et mes livres lus aussi) de 900 à 11 m’a pris quelques années. J’ai tout d’abord commencé par virer les livres que je n’avais pas aimé mais que je gardais parce que (?), puis les traductions de livres en anglais (lus ou pas, puisque je ne relirai pas dans une traduction), les éditions que je n’aimais pas et ensuite cela s’est étendu aux livres que j’avais bien aimé mais ne pensais pas relire, aux classiques que je pouvais avoir gratuits sur ma liseuse, et etc. Le tout étant de trouver une raison pour lancer le processus.
J’ai donné (à Emmaüs, des médiathèques, des petites bibliothèques gratuites), vendu (Gibert, Boulinier, Momox), offert, et lu aussi hein ; )

Et maintenant ?

A présent je considère que si je me dis que je n’ai rien à lire, mais que j’ai des livres non lus sur mes étagères, c’est qu’il y a un soucis. C’est ainsi que je suis passée d’une PAL à 50 à presque 10. Le confort d’avoir une grosse PAL, et de pouvoir choisir à chaque fois quelque chose de différent, je l’ai à la bibli. maintenant, où sur les étals des vendeurs d’occasion, et uniquement ce que je me vois lire dans la semaine ou le mois et pas « au cas où un jour je me décide à lire les œuvres complètes de Proust parce que les bouquins sont pas chers ».
Le temps que prend l’achat, le fait de s’occuper des livres une fois qu’ils sont là (poussière, classement, déménagement), et aussi d’en disposer quand on en veut plus est quelque chose que je ne veux plus perdre. C’est pour cela qu’à présent je donne presque exclusivement ce que je ne garde pas, les quelques centimes que je gagnerais par volume n’étant pas assez pour compenser le temps que j’aurais gâché à les mettre en ligne, emballer, envoyer, etc.

Pourquoi continuer d’acheter alors ?

Le monde du livre (éditeur, auteur.trices, libraires) ne peut pas survivre sans qu’on achète des livres et si je le fais beaucoup moins, j’aime toujours me promener en librairie, choisir une nouveauté, un livre d’occasion, acheter un livre numérique de temps en temps. Mais j’aime aussi emprunter à la bibli., faire du troc, lire des classiques gratuits sur ma liseuse.
Bien sûr ce processus ne concerne pas que les bouquins, et si je suis plus sereine ces derniers temps ce n’est pas uniquement à cause de la taille plus réduite de ma bibli., mais cela en fait tout de même partie. Je ne pense pas qu’il s’agisse de la seule méthode pour changer sa vie pour le meilleur, mais je pense que le minimalisme est un bon outil dans ce sens tellement ses ramifications sont étendues. Puisque encore une fois le questionnement sur les objets n’est qu’un point de départ dans la démarche. Je pense que cela va de pair avec une préoccupation pour l’environnement et les travailleurs des pays en développement où sont fabriqués toutes nos possessions inutiles.

Aujourd’hui je ne compte pas mes possessions, sauf mes livres non lus (et peut-être que j’arrêterai une fois que le processus sera assez ancré dans mon esprit), et j’essaye de vivre une vie plus intentionnelle où les moments de la vie, la curiosité, et la beauté sont plus importants qu’un objet à acheter.

9 réflexions sur “Du minimalisme et de la lecture

  1. Excellent article qui fait lien avec une réflexion que j’ai également en ce moment en ce qui concerne : 1-la taille de ma PAL et 2-le sort a attribué aux livres que je ne lirais jamais ou à ceux qui ne m’ont pas plu. Ça sert à rien d’accumuler pour accumuler surtout – à mon avis- des livres qui ne nous donnent pas un sentiment positif en les voyant sur nos étagères. Il vaut mieux s’en séparer afin de faire de la place à plus de positif. 😊

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    • Contente que l’article t’ait plu 🙂
      Voilà je pense qu’il faut surtout se sentir bien en regardant ses étagères ; si garder tous les livres lus te plaît, pourquoi pas, mais en tout cas ce n’est pas mon cas et toi non plus apparemment 🙂

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  2. J’ai encore fait un désherbage épique à Noël XD j’en ai toujours énormément, mais j’achète beaucoup moins … néanmoins, qu’est-ce que je suis en admiration devant l’évolution de tes étagères !

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    • J’aimerais bien des fois avoir plus de livres pour avoir le plaisir de les désherber XD C’est très thérapeutique c’tte hsitoire.
      C’est joli les avant-après, je suis contente d’être obsédée par mes étagères et d’avoir fait des photos que je peux utiliser maintenant !

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      • Je suis entièrement d’accord pour la thérapie ! Et tes photos sont bien chouettes. Je t’avoue que j’attends avec impatience mes périodes de désherbage et j’adore avoir les étagères plus nettes. Bon après j’ai des centaines de livres en pile dans l’appart qui attendent maintenant XD

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  3. AAAAAAA misère mon commentaire d’hier n’est pas passé O.o
    Bon soit, je recommence…

    J’ai fait un tri assez drastique dans ma bibliothèque quand on a emménagé dans notre nouvel appart, parce que ma maman a considéré que maintenant que nous avions 3 chambres (genre on va en faire un bureau alors que euh non on avait un projet légèrement différent…) je pouvais me permettre de récupérer absolument TOUS mes livres… Finalement ceux qu’elle m’a ramené sont restés en cartons… certains ont été vendu, le reste ne voulant pas partir, il faudra aller les déposer dans l’antenne d’Emmaüs proche de chez moi (ouf yen a une qui a ouverte)… Sauf que nous devons libérer cette fameuse 3è chambre et je ne peux pas porter de telle charge de moi même (et M.Snow laisse trainer… )
    Ma bibliothèque se résume donc à 1 bibli 1er prix pas très grande. J’ai quand même gardé un certain nombre de livres parce que j’y tiens sentimentalement, ma PAL (même si je l’ai désherbé pas mal) et des livres que je souhaite partager avec mes enfants (Victor a récupéré une partie d’entre eux déjà 😛 )
    Par contre nous ne parlerons pas de la bibliothèque numérique, elle n’existe absolument pas !

    Sinon je tente aussi de minimaliser (pas en mode Marie Kondo non plus mais je ne supporte plus l’entassement de mes affaires). J’ai du coup pas mal réduit aussi ma garde robe (j’ai viré les trucs trop petit petit et trop grand ^^ et j’ai un certain minimum qui sera retrié plus tard) j’aurais surement besoin de renouveler des pièces d’ici quelques mois, mais je commence à appliquer le 1 qui rentre = 1 qui sort (chaussures, basique, ça marche).
    Actuellement, j’ai eu besoin d’un nouveau pantalon (bébé du bidon oblige ^^’ ) j’ai réussi à en avoir un gratuitement en récupérant que ma belle sœur (tout le contraire du minimalisme) gardait…
    Par contre, pour les enfants c’est OVER compliqué… Déjà on essaie de jouer sur la récup… mais erm c’est sans compter la famille qui offre en permanence… on me demande ENFIN ce dont il y a REELLEMENT besoin (il était temps maintenant que les placards débordent -_- )

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    • Si je devais rapatrier les livres que j’ai chez mes parents je serais bien embêtée, je n’ai pas la place dans mon studio. C’est pour ça aussi que je réduis toujours ce que j’ai là bas pour que j’ai moins de choses à transporter quand je devrais le faire.
      C’est dur quand les gens t’offrent des choses sans te demander ; j’ai mis quelques années quand même à dire que je ne voulais pas de cadeau pour moi (et quand on a un enfant ça doit être encore plus difficile), parce que on aime offrir des cadeaux quand même et qu’on montre son affection comme ça ; même si autre chose marcherait bien aussi. Pour mon dernier anniversaire par exemple une copine m’avait organisé une visite de Strasbourg pour voir pleins de trucs géniaux (des gargouilles dont je ne connaissais pas l’histoire, un cloître caché, etc.) et c’était fantastique 🙂
      Je peux envoyer des ondes à M. Snow pour qu’il se bouge et emmène les livres à Emmaüs !

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      • oui pour les enfants c’est dur. même si on nous offre des vêtements (au bout d’un moment tu te retrouves avec 50 t-shirts et tu fais mettre toujours les 5 même … ) au dernières nouvelles, ma BM m’a demandé toujours en vêtement, j’ai pensé été, du coup bah voilà Victor est habillé jusqu’à l’automne ^^’ (en espérant qu’elle ne rachète pas encore entre temps… avec Pâques qui arrivent… oui parce qu’il y a TOUJOURS une occasion -_- )

        Pour moi, je ne demande plus rien, ou alors de l’utile (sauf que là c’est ma mère qui comprend pas… ^^’ )

        Je vais essayer de bousculer M.Snow les prochains jours, là on a des meubles à monter ^^

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