Voir un rival que l’on déteste étendu à ses pieds, se débattant dans les angoisses de l’agonie, c’est une trop grande volupté pour se la refuser quand on peut la prendre.

Llandudno Promenade
Llandudno Promenade

J’ai tout à l’heure eu une épiphanie.
Je m’étais lancée dans l’une de mes sessions de lecture de blogs et je me demandais en même temps pourquoi je n’écrivais plus tellement d’articles. Et puis j’ai vu l’analogie ; je lis moins de blogs, moins souvent, alors pourquoi cela serait-il étrange que moi-même j’écrive moins ? Cela pourrait paraître d’une bête simplicité mais cette réflexion m’a d’un coup enlevé le stress, ou tout du moins, le malaise qui apparaissait quand je pensais à mon blog que je n’alimentais plus trop.

La fin de mon année scolaire au Pays de Galles arrive. On pense souvent qu’il reste un ou deux mois à son contrat, mais pas forcément que ça fait déjà plus de six qu’on habite à l’étranger et ce que cela comporte. Cette année m’aura définitivement appris énormément de choses et la chose la plus flagrante aura été mon rapport à l’anglais. Partant d’expectations tout universitaires sur un accent parfait et la volonté d’apprendre des listes de vocabulaire, je me retrouve à simplement aimer utiliser la langue et ne plus avoir de malaise vagal quand je loupe une diphtongue. Mon probable léger changement de direction dans mon parcours universitaire participe à baisser mon stress lié à ma nullité en règles phonologiques.

Sans titre 1
Côté culture j’ai été ravie de me retrouver un peu plus. Grâce à sa jolie couverture j’ai découvert les aventures de Lady Emily à la bibli. de ma ville. Jusqu’ici j’ai lu And only to deceive et A fatal waltz. Pour mes copinautes qui aime les polars victoriens, ceci est assurément pour vous. L’appellation de polar est peut-être exagéré concernant le premier volume, mais la suite me semble en prendre plus la tournure. J’ai vraiment beaucoup aimé le premier bouquin qui est d’une profondeur insoupçonné ; j’ai apprécié la façon dont l’ordre social victorien est abordé ainsi que les mariages et leur évolution. L’autrice fait de son Emily une femme qui prend conscience de son intellect et qui essaye de d’équilibrer sa soif de savoir et sa position dans une société dont elle ne veut pas être mise au banc. J’ai adoré en apprendre plus sur l’antiquité grec et lire les réflexions sur les musées (pour lesquels la lady se passionne). J’attends que ma réservation du troisième arrive avec impatience.
Mes vacances en France et une tournée en librairies avec Lynnae m’ont fait piocher le premier volume du manga Arte. L’histoire se déroule en Italie pendant la renaissance et suit une jeune femme de bonne famille qui veut poursuivre sa passion d’artiste peintre. J’ai été très agréablement surprise par le ton féministe de l’ouvrage et son intrigue. J’ai également beaucoup apprécié la postface de l’auteure qui nous met en parallèle le métier de mangaka pour les femmes et celui d’artistes à la renaissance. Bien sûr les illustrations sont très belles et je lirai la suite avec plaisir. Plaisir bonus : pouvoir lire les onomatopées en japonais (il se peut que mon apprentissage de l’allemand ait été mis en pause).

Un rangement parmi les titres de ma PAL m’a permis d’y voir plus clair et j’ai eu envie de lire Le sphinx rouge qui dormait sur mes étagères depuis trois ou autre ans. Ce bouquin se passe entre l’histoire des Trois mousquetaires et de Vingt ans après. Si vous suivez mon blog depuis quelques années vous savez que je suis complètement amoureuse des Trois mousquetaires et que je le considère comme l’un de mes livres préférés au monde, alors forcément lire un ouvrage qui se passe dans le même univers n’était pas quelque chose que je pouvais manquer. Après le siège réussi de la Rochelle nous retrouvons Richelieu qui doit se dépatouiller dans un flots d’intrigues militaires, de cours et de duels.
J’ai beaucoup aimé les parties suivant Richelieu et composant à peu près trois-quart du bouquin. L’écriture de Dumas est drôle, fine et vous transporte direct au 17e siècle. Les intrigues de cours, le réseau d’espions de Richelieu, les machinations, la description de la dynamique royale, tout m’a plu. La fin cependant, comme cela peut être le cas sur un livre de plus de 700 pages m’a un peu désapointée. On passe d’un bouquin centré sur des personnages à une description militaire un peu relou et à une conclusion légèrement décevante. Ça n’enlève pas mon plaisir de lecture mais ça me fait remercier la possibilité de sauter des pages.

Ah oui, je ne vous ai pas parlé de ma découverte de Britannicus de Racine, mais c’est vachement chouette (je n’ai pas étudié à l’université et écrit des essais de littérature pour rien ma p’tite dame, une telle analyse de fond ça se mérite). Et j’ai écouté récemment un podcast de Stuff you missed in history sur Hildegard de Bingen et c’était cool aussi.

Le titre de l’article vient du Sphinx rouge, je ne suis pas passée de végétarienne à tueuse à gage psychopathe.

Le petit tulipier qui pousse à l'école
Le petit tulipier qui pousse à l’école
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4 réflexions sur “Voir un rival que l’on déteste étendu à ses pieds, se débattant dans les angoisses de l’agonie, c’est une trop grande volupté pour se la refuser quand on peut la prendre.

  1. Si l’intrigue du tome 2 de Lady Emily est davantage portée sur l’aspect policier, je pense beaucoup l’apprécier alors ^^ C’est ce qui manquait un peu au premier opus !
    Finalement tu n’as pas tout donné à Emmaus lors du dernier rangement de ta PAL :p Je ne connais pas ce Dumas ! Mais je suis encore novice en ce qui concerne son oeuvre ^^
    Déjà plus de 6 mois que tu es au Pays de Galles !! Tu seras triste de partir n’est ce pas ? Merci en tout cas pour toutes les jolies cartes envoyées de tes diverses escapades 😀

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    • Oui, c’est beaucoup plus polar et ça mêle aussi l’histoire de France (*teaser*).
      Non je n’ai pas tout donné, mais presque ! Il me reste encore 100 livres non lus hein u_u
      Oui je serai déchirée de partir, tu vas me faire pleurer rien d’en parler. Va falloir que je mange un scone pour me consoler.
      Tu sais bien que je ne suis partie que pour pouvoir t’envoyer des cartes n’est-ce pas.

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  2. C’est quand même un comble de ne pas lire Lady Emily alors que l’on porte le même prénom (j’aime croire que je choisi mes lectures avec des arguments profonds). Tu étais bien motivée pour le Sphinx rouge, je ne pense apprécier assez l’univers des Trois Mousquetaires pour me payer 700 pages. Heureusement que tu es là pour relever le flambeau.

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    • C’est une bonne raison pour avoir envie de les lire :p Dire que je n’avais même pas fait le rapprochement dans ma tête entre toi et la dame XD
      Je dirai pas que Le sphinx rouge est hyper vital quand on aime Les trois mousquetaires, mais c’est une chouette lecture quand même. Je te recommande plus la suite des Mousquetaires côté lecture (et c’est encore plus long que Le sphinx XD).

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