Un mois en coup d’vent | Mai 2017

Parce que même si maintenant je fais des billets (semi-réguliers) regroupant mes lectures, je ne vous parle pas de tout. Comme parfois je n’aurais même pas un paragraphe moyen à sortir, mais plutôt une ligne ou deux, voici les choses que j’ai découvertes au mois de mai et donc je ne vous ai pas encore parlé.

• Anne’s House of Dreams, L.M. Montgomery (1917 – Livre audio, 7h22 d’écoute, lien pour le télécharger gratuitement)
Je ne vous en ait parlé que dans des bilans de lectures annuels sur ce blog, mais depuis quelques années j’écoute les livres audio en anglais de la série Anne of Green Gables (Anne et la maison aux pignons verts). Classique de la littérature de jeunesse canadienne, je suis charmée par la voix de lectrice, la poésie et le merveilleux de l’histoire et retourner auprès de ces personnages me plaît toujours autant. J’aime savoir que Montgomery va créer un cocon et que tout finira bien à la fin malgré des péripéties. Je noterai cependant un petit bémol pour ce volume (le cinquième de la série), Anne qui est un personnage si imaginatif et pleins de volontés perd de son agentivité et sa relative passivité m’a déçue.

• Carnets de thèse, Tiphaine Rivière (2015)
Jeanne, prof de français en ZEP, a enfin été accepté en thèse, c’est son rêve alors tout devrait bien se passer… non ? Je n’ai pas apprécié ma lecture. A ne pas lire si vous écrivez un.e thèse/mémoire ou que vous voulez être chercheur.se. C’est très déprimant, caricatural sans être drôle (vous avez juste envie de claquer les perso, pas de rire), et s’il y a des points intéressants (administration de la fac, la famille qui ne comprend pas ce qu’on cherche en lettres et langues et comparaison avec le monde « scientifique »), j’ai trouvé ça plat, l’héroïne pénible et le dessin maladroit allié à une colorisation sans nuance.

Le boxeur polonais, Eduardo Halfon (2014, traduit de l’espagnol, Guatemala, Albert Bensoussan)

« La littérature n’est qu’un bon tour, comme le tour d’un prestidigitateur ou d’un sorcier, qui donne corps à la réalité, et fait croire qu’il n’y en a qu’une. »

Je veux lire (au moins) un livre de chaque pays du monde, alors j’étais contente de tomber sur la littérature guatémaltèque (en plus ça rime avec pastèque) à la bibli. Mon grand-père me disait que les chiffres tatoués à l’encre verte sur son avant-bras étaient son numéro de téléphone, pour ne pas l’oublier. Je l’ai toujours cru jusqu’à ce qu’il me raconte ce qu’il c’était passé à Auschwitz. Deux nouvelles tournant autour de la mémoire, de l’invention, de la Shoah. Je pensais que ça allait être émouvant, mais au final en terminant ce petit bouquin je me suis dit : ah c’est tout ? Ce n’est pas détestable, mais ça ne m’a rien fait ressentir de particulier non plus.

Le voyage, Héctor Tizón (1988, traduit de l’espagnol, Argentine, Françoise Campo-Timal)
Un grand-père, le fleuve Bermejo et un voyage onirique avec deux enfants sur une embarcation de fortune. Contrairement aux précédentes nouvelles, et même si on pourrait les comparer, il ne se passe en effet pas grand chose sur ces cinquante pages, j’ai aimé l’écriture de Tizón. J’ai vraiment eu l’impression de me trouver dans le Gran Chaco, de suivre ces étranges personnages, d’essayer de trouver la vérités dans les propos du grand-père et espérer qu’ils arrivent à la mer. La fin est un peu un ton en dessous que le reste, mais je relirai Tizón avec plaisir.