Dix ans de lecture

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Il y a dix ans, j’ai eu envie de commencer à noter les bouquins que je lisais. J’avais débuté à la fin de mon agenda de Terminale et ce n’était pas très joli (une prédilection pour un surligneur vert gâchant légèrement l’esthétique générale). Mais une fois la page terminée, j’ai migré sur une feuille de classeur de mon cours de physique. Et depuis c’est l’amour fou. Dix ans de lecture enregistrée me rempli de joie ; comme je n’ai pas conservé tous les bouquins que j’ai jamais lu, ils ne survivent à présent que dans mon registre et ma mémoire.
Aujourd’hui j’ai eu envie de faire un bilan de ces 1393 livres lus (relectures incluses) en en choisissant un par année.

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2007. J’étais en 1ère et j’avais découvert la série des vampire d’Anne Rice à la bibli. Je lisais les bouquins dans le couloir avant mes cours et même que je rentrais dans la salle en lisant pour ne pas en perdre une page. En plus d’être de très chouettes romans je dois à Rice ma découverte de la peinture et des primitifs italiens, et aujourd’hui j’écris un mémoire sur une peintre (par contre la couv est laide de chez laide).
2008. J’ai découvert Austen en lisant Fascination. Hé oui. Bella est peut-être une greluche, mais elle lisait de bons bouquins. Mon premier avait été Emma parce que j’avais lu que c’était le préféré de J.K. Rowling. Et ça été une superbe découverte et encore maintenant que j’ai lu tous ses romans, ça reste mon favoris. Bientôt la relecture en anglais.
2009. Mon premier Dumas a été Le comte de Monte-Cristo puis j’ai découvert Les trois mousquetaires parce que Pevel en parlait tout le temps dans un autre de mes bouquins préférés. Je suis amoureuse d’Athos, et d’Artagnan, et des duels à l’épées et des complots. J’ai même lu les suivants après ça (Vingt ans après et Le vicomte de Bragelonne).

2010. J’avais acheté la trilogie de Bartiméus dans une librairie d’occasion de Nancy. Je l’ai eu fini sous dix jours. Quand j’y repense, qu’est-ce que j’ai ri, qu’est-ce que j’ai pleuré aussi, et ce dernier volume m’a brisé le cœur. C’est pleins de personnages qu’on n’aime pas mais qui deviennent fantastiques, d’un univers complexe et enchanteur, et je veux les relire en anglais maintenant.
2011. Le passeur, quelle belle lecture là aussi. Il me semble que j’avais déjà lu Lowry avant ça (avant que je ne commence le registre), mais je n’avais pas ressenti tant de choses qu’en lisant celui-là. L’écriture (même traduite) m’avait complètement soufflée, la beauté de l’histoire, la dureté de l’univers, tout m’a enchanté. Je vais me répéter, mais il faut que je le relise en anglais.

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2012 – l’année de la fin du monde. Je pense que je vous ai assez tanné avec ma passion pour Tesson, passion qui a commencé en lisant Dans les forêts de Sibérie. J’habitais à Paris et je l’avais acheté chez Gibert Joseph. Même si à l’époque j’avais une PAL assez imposante, il n’a pas traîné une journée sur mes étagères. J’avoue j’ai eu du mal avec son écriture au début, puis ça été l’amour fou. Il faut que j’aille au lac Baïkal.
2013. L’été, au travail pendant mes pauses, j’attaquais mon premier Tolkien et en anglais qui plus est (histoire de bien me mettre la pression). Je ne pensais pas que lire 100 pages qui se passent dans une forêt me passionnerait autant, mais en fait si. Je ne pensais pas non plus qu’un mec pourrait utiliser autant de mots pour désigner des arbres dans un seul et même bouquin, mais en fait si.
2014. Je me vois lire cet ouvrage à la BU de ma précédente fac. Au lieu de bosser mes partiels, j’étais plongée dans les pages de ce troisième volume. C’était beau, ça a continué de m’aider à consoler une peine de cœur. J’ai dû noter 553 citations au fil des chapitres. Si on m’avait dit en lisant le premier tome que le suivant et le dernier seraient des livres si importants pour moi je ne l’aurais pas cru. Il ne m’avait pas trop plu, mais une fois dans le monde d’Encre c’en était fini de moi. J’ai envie d’apprendre l’allemand juste pour le lire dans le texte.

2015. L’un des seuls ouvrages de non-fiction du lot. Je l’ai choisi, parce que même si cette année-là j’ai lu des romans qui m’ont marqué, ce bouquin a bien fait évolué ma prise de conscience sur les déchets et même maintenant j’y reviens. C’est très instructif, et je vous conseille de le lire, histoire de voir si vous ne pouvez pas trouver des choses intéressantes pour votre vie de tous les jours.
2016. Le dernier bouquin de cet article. J’en ai parlé dans mon bilan de lectures de l’année dernière alors je ne vais pas me répéter ad nauseum. C’est écrit par un astronaute, c’est cool, ça fait réfléchir et on se retrouve dans l’espace, dans le vrai espace au dessus de la terre, comme dans Battlestar galactica ou Firefly. En plus c’est traduit en français.

On se dit à dans dix ans ?

2016, des séries qui m’ont marqué

Pour 2015 j’avais fait un article sur les quatre films qui m’avaient le plus plu, cette année j’ai envie de parler de séries. Parce que j’en regarde beaucoup plus que des films et parce que c’est voilà.

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Pour résumer ces trois séries aux thèmes différents: ces meufs sont badass.

Je n’avais jamais regardé Buffy au moment de sa diffusion. On avait cinq chaines à la maison (dont RTL9, clap dans les mains si tu l’avais aussi) et ce n’est qu’à l’aube de mes 26 ans que j’ai découvert la chasseuse de vampires. Je dois avouer j’avais des a priori: kitsch, sexisme, etc.. Alors oui c’est kitsch (mais c’est chouette) mais ce n’est pas sexiste, au contraire. J’ai été étonnée de la maturité de certains thèmes, ça parle de sexualité, d’identité, c’est aussi tout simplement drôle, pas mal fait et les monstres me dont rire. Buffy est un peu le cliché du héro qui a plus de muscles que de neurones, mais chez une fille ça permet de rendre le truc vraiment intéressant et de se poser des questions. C’est elle qui doit protéger toute le monde et c’est cool.
J’aime l’ambiance des années 2000, les vieilles fringues horribles et certains épisodes sont juste d’une justesse époustouflante (genre Hush ou The body). Je n’ai pas encore fini toutes les saisons, mais ça ne saurait tarder.

Du côté de l’historique et policier Miss Fisher est une superbe découverte. Alexandra en avant beaucoup parlé, mais les premiers épisodes ne m’avaient pas trop convaincu. Je trouvais ça too much et pas trop logique, mais au fur et à mesure je me suis laissée gagnée par l’ambiance, les musiques et surtout Jack, mon inspecteur australien préféré. Découvrir les année 20, l’Australie, et ce personnage curieux de Phryne Fisher m’a excessivement plu. Encore une fois c’est elle qui dirige le truc et jamais elle ne se fait sauver, ça change.
J’espère qu’il y aura effectivement une suite en films.

Et maintenant parlons baseball, parce que pourquoi pas. Je ne sais pas trop comment j’ai découvert Pitch, mais je suis contente de l’avoir fait. C’est une série toute récente qui n’a qu’une première courte saison. Ginny Baker est la première femme a entrer dans une équipe américaine nationale. On va suivre comment elle en est arrivée là, les répercussions de sa présence médiatique, ce qu’être une femme et une athlète de haut niveau dans un milieu masculin signifie.
C’est vachement bien amené presque sur tous les points. Ginny est intéressante, tout ce à quoi elle faire face passionnant, ça permet d’aborder pleins de sujets féministes, c’est inspirant, c’est drôle et j’adore le baseball. Il y a un petit point que je trouve hyper dommage, ainsi que la romance qu’on découvre à la fin de la saison, mais j’espère que la série sera renouvelée.

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Parce que je ne veux pas que tu t’ennuies chèr.e lecteur.trice, mes deux dernières séries n’ont rien à voir avec les précédentes.
The newsroom est terminé et compte trois saisons. On suit les membres d’une chaîne d’informations en continue dans leur quête de vraiment do the news : donner de la vraie info sans dramatisme et en respectant des règles d’éthiques. Je pensais que ça allait être super sec, prétentieux et relou mais en fait dés le premier épisode j’étais accrochée. Considérant que c’est ça la première scène, il n’y avait pas photo. J’aime que ça parle de politique américaine (mon péché mignon), que les gens parlent vite, que ce soit intelligemment fait, que ce soit pleins d’idéaux et que le tout dernier épisode soit vachement cool. Donc en gros, regardez.

Sinon pour conclure Fullmetal alchemist brotherhood est mon anime coup de cœur. C’est pleins d’intrigues qui s’entrecroisent, de personnages torturés, de musiques super géniales ( et et ). Je pensais au départ ne regarder que pour accompagner mon apprentissage du japonais (un peu en pause depuis, hm), mais je suis tombée amoureuse de la complexité, de l’univers, et à part vous dire de regarder au plus vite, je ne sais pas trop quoi faire.

J’ai quand même envie de vous citer quelques films que j’ai vu et aimé en 2016 : Pride and prejudice and zombies (vachement bien finalement), Hysteria (l’invention du vibromasseur à l’ère victorienne), Chalet girl (parce que c’est étonnamment regardable et mignon), Ghostbusters: answer the call (les filles sont géniales), Captain America: civil war (ça aurait dû être le deuxième Avengers) et j’ai vu tous les Star Wars à ce jour et c’était cool (même si les mecs de la famille Skywalker sont des lavettes).

2016, bilan de lectures

Il y a huit ans j’ouvrais mon premier blog consacré à la lecture. Raison et sentiments que ça s’appelait si certain.es parmi vous s’en souviennent. A l’époque j’avais terriblement besoin de trouver quelqu’un, quelque part, où parler de bouquins. Grâce à ce blog j’ai découvert des livres, des ami.es.
En huit ans de blog(s) j’ai changé ma façon de parler, de choisir, de penser à mes lectures. Je me plaignais il y a quelques années que le blog ait changé ma façon de lire, et je suis ravie qu’à présent j’ai retrouvé une routine qui me soit plus naturel. Ne plus penser à ce qu’on va dire d’un livre en lisant, au fait de devoir écrire un article à tel moment. Forcément cela a changé mon approche au blog.
Cela et le fait que depuis un an, un an et demi je prends moins de plaisir à écrire. Je pense que c’est en partie dû au fait qu’une page semble s’être tournée parmi les blogeur.ses avec qui j’ai commencé et aussi parce que je suis devenue frustrée du manque de conversation qu’un article peut susciter. Maintenant que j’ai des ami.es avec qui parler lectures est quelque chose de normal, écrire ici a perdu de son urgence. De plus je consigne mes pensées dans un journal de lecture.
J’ai envie de continuer à écrire ici mais plus sporadiquement (encore), un peu comme ma copine Jamestine. Des avis plus courts, moins fréquents. Pas la recette du succès sur internet, mais on s’en tape.

Après tout ce blabla voilà les bouquins qui cette année ont été d’un intérêt particulier pour moi. Ce ne sont pas tous des coups de cœurs intersidéraux, mais ils ont tous d’une manière ou d’une autre apporté quelque chose à ma petite existence.
Comme pas mal de titres présentés ici sont en anglais je mettrai un lien vers les traductions à chaque fois qu’elles sont disponibles et ça sera signalé par un *. Je mettrais aussi en lien les articles qui parlent plus en détails de certains bouquins.

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S’il y a un seul coup de cœur ultime dans ce bilan il s’agit d’An astronaut’s guide to life on earth *. Découvert dans un Pound World, j’ai pris ce livre simplement parce que le type qui l’a écrit est un astronaute (et parce qu’il ne coûtait que £1 aussi). Je ne m’attendais pas à apprendre autant de choses après un début de lecture qui ne m’avait pas trop convaincue. Les descriptions de l’espace sont sublimes, les réflexions passionnantes et le type franchement sympa (en tout cas sur Facebook).
J’ai découvert Felicia Day en regardant Supernatural et The guild. La lecture de son autobiographie m’a beaucoup plu sur certains points, comme pour Hadfield elle m’a fait réfléchir et m’a amusé. Et puis de découvrir une femme qui parle de dépression, d’addiction (aux jeux vidéos) et qui a construit une carrière impressionnante, cela inspire.

Dans un registre complètement différent puisque c’est de la fiction et que ça se passe après la guerre, A month in the country * m’a charmé. C’est un très court bouquin rempli de beauté, de calme qui malheureusement n’a pas été traduit. Si vous pouvez lire en anglais, je vous le conseille. [Maj : Cécile me signale qu’il est bel et bien traduit, youpi]

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Britannicus : une pièce classique qui se passe à Rome, des répliques en vers, des rimes, une langue superbe, des sentiments, du drame, que demande le peuple ?
J’ai renoué avec Dumas aussi cette année et même si mes chers mousquetaires ne sont pas dans le bouquin, j’ai tout de même passé un bon moment. Tout ne m’a pas plu, notamment la brièveté de la fin (c’est qui est un comble pour un bouquin de 700 pages), mais replonger dans la langue de Dumas, ses aventures, ses complots, contre-complots, a été un bonheur.

J’ai pioché ce petit livre de Kessel sur la Syrie. Cela se passe au début du siècle précédent et permet de découvrir des points de vues, un pays que je ne connais pas et une écriture délicieuse. Je continuerai avec Kessel.
Côté livre audio j’ai adoré suivre Anne Shirley dans Anne of Avonlea et Anne of the Island. La lectrice est épatante et elle a fait toute la série donc je suis ravie.

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Parce que je ne change pas de mon obsession pour les victoriens j’ai lu pas mal de titres de fiction et de non-fiction sur le sujet cette année. Côté polars j’ai découvert deux héroïnes, deux séries. Dans And only to deceive, Lady Emily découvre la véritable personnalité de son mari après sa mort et se prend de passion pour l’antiquité grecque et la littérature. A moitié détective, à moitié scholar, cette lady m’a offerte une reconstitution de l’époque bluffante et une série plaisante à suivre.
Plus tôt dans le siècle Lady Darby vit une vie plus sombre que sa consœur. Après la mort de son mari (décidément c’est une épidémie) et le scandale qui en suit, elle se réfugie en Ecosse chez sa sœur. Là elle se retrouve suspecte dans une enquête pour meurtre. Une atmosphère, la découverte du début du 19e siècle, des enquêtes distrayantes à suivre.

Côté fantastique maintenant, j’ai beaucoup aimé la novella Poison or protect de Carriger. Toujours dans son univers steampunk nous retrouvons d’anciens personnages et ma foi j’ai trouvé la romance très chou, le mystère pas mal et la lecture tout simplement plaisante.
Plus long, mais toujours dans un univers parallèle, The dark days club * se déroule pendant l’ére georgienne. Une jeune fille se rend compte que les monstres existent peut-être bel et bien sous les beaux atours de la saison londonienne. Je n’avais jamais lu Goodman et j’ai été très agréablement surprise par son écriture et sa connaissance de l’époque. J’ai appris beaucoup de choses et je lirai la suite.Lire la suite »