Nameless and friendless – Les victoriens

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J’ai beau m’être souvent posé la question, je n’arrive pas à savoir pourquoi l’époque victorienne me fascine autant. J’aime lire sur tout un tas de périodes historiques, mais c’est toujours à l’ère victorienne que je reviens et je ne semble pas me lasser d’en apprendre toujours plus. J’ai pas mal de romans sur le sujet, mais ce n’est que depuis un cours de civilisation de licence que j’ai réellement l’impression d’être rentrée dans l’époque. Je me suis rendue que la grande majorité des bouquins de fiction ne présentait pas l’époque d’une manière réaliste ou riche et je suis d’autant plus ravie quand je tombe sur un bouquin qui le fait, ou des essais qui m’en apprennent encore plus. Après le Londres victorien de Jean-Pierre Navailles, The victorians de Jeremy Paxman est l’un des livres les plus complets et fascinant que j’ai lu sur le sujet.

Découvert au hasard de mes pérégrinations en bibliothèque, j’ai été attiré par le format. C’est un essai sous forme de beau livre rempli de reproductions de peintures et de photographies. Après ma très bonne expérience avec Dickens’ victorian London j’avais très envie de voir ce que ce bouquin pourrait m’offrir et j’en suis plus que ravie. Il combien deux de mes sujets de prédilection, la peinture et cette période ; le tout est pleins d’informations passionnantes, d’analyse de peintures et de la façon dont cela peut être lié à l’époque. Je n’avais jamais envie de m’arrêter de lire. C’est si riche, si clair et ça vous fait découvrir une montagne de choses que vous ignoriez (enfin dans mon cas). Le ton de l’auteur n’est pas du tout académicien chiant qui vous lance des dates à la tronche et s’enfuit en courant après. C’est plutôt fait sur le ton de la conversation, et si ça m’a d’abord surprise dans un essai, j’ai finalement apprécié sur le long terme.
On sait qu’une bonne lecture est souvent une affaire de timing, et pour moi et The victorians cela n’aurait pas pu être mieux. Avec les bases de ma connaissance sur le sujet ce bouquin s’est parfaitement inséré dans mon grenier mental pour m’ouvrir de nouvelles portes de réflexions, consolidé ce que je savais déjà et donné envie d’en savoir encore plus. Divisé en plusieurs parties thématiques, Paxman nous fait découvrir comment la peinture (mais aussi les gravures, les caricatures, etc.) peut nous parler de l’époque et comment les deux s’influencent mutuellement. Comment l’un peut refléter le changement de mentalité à l’égard de la religion (que ce soit en voulant si accrocher coûte que coûte ou en montrant ses doutes), l’évolution sociale, le développement de l’industrialisation de masse et ses effets sur la population, etc. Le tout agrémenté de reproductions en pleines pages qui vous donne furieusement envie d’aller vous promener dans un musée.

"Houseless and Hungry" (1869), Luke Fildes
« Houseless and Hungry » (1869), Luke Fildes

Je n’avais pas pensé qu’un jour je serai fascinée par l’analyse de peintures, mais la façon dont Paxman (et nul doute ses aides) explique des détails de tableaux que j’adore (ou que je ne connaissais pas d’ailleurs) et qui me font en découvrir un autre aspect est tout simplement génial. Cela m’a rappelé un autre cours de fac, celui de civilisation sur les peintures britanniques et cela s’est très bien complété. Les reproductions de peintures sont nombreuses et de très bonnes qualités, mais Paxman ne se contente pas de ce qui est imprimé et donne les titres de tout un tas d’autres images que j’ai adoré rechercher pour voir ce qu’il décrivait.
J’ai également beaucoup apprécié le fait que l’on parle de plusieurs femmes peintres et en détail ! J’ai ainsi découvert Lady Thompson Butler qui faisait des peintures historiques contemporaines très frappantes, surtout quand on voit que la plupart du temps les femmes étaient cantonnées aux peintures de fleurs ou aux portraits (ce qui ne veut pas dire que ces domaines sont moins importants, mais de voir un peu de diversité c’est cool). C’est d’autant plus intéressant de les découvrir parce que lire à propos de ces femmes artistes c’est un peu la croix et la bannière. Je repense au bouquin Les 1000 tableaux qu’il faut avoir vu avant de mourir et qui ne contient que six artistes femmes…
Il s’agit indéniablement d’un titre que je veux dans ma bibliothèque et que je conseille à tous les gens fascinés par la peinture ou l’époque victorienne, ou les deux. Cela peut permettre aussi de découvrir la peinture d’une façon concise et c’est cool.

« The physical legacy of the Victorians is all around us. We walk their city streets, rush through the railway stations they engineered, and live in the houses they built. They shaped our world, and it shapes us. We take it for granted. But the paintings of the time provide a striking insight into Victorian social history. They show us what is must have been like to live in a rigidly structured society, to acknowledge an imperial destiny and to wrestle with doubt, to huddle in the snow waiting for admission to a night shelter.
These under-appreciated paintings hang on the walls of galleries accross the land. And they all belong to us. »

"Scotland Forever!" (1881), Lady Elizabeth Butler [Leeds Art Gallery]
« Scotland Forever! » (1881), Lady Elizabeth Butler [Leeds Art Gallery]
"The Babylonian marriage market" (1875), Edwin Long [Holloway and Bedford New College]
« The Babylonian marriage market » (1875), Edwin Long [Holloway and Bedford New College]
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8 réflexions sur “Nameless and friendless – Les victoriens

  1. Très très chouette article !! On sent vraiment que tu as beaucoup aimé ce livre. Ton enthousiasme m’a donné un grand sourire 😀
    Est-ce que tu as d’autres essais sur l’époque victorienne qui te reviennent en mémoire et que tu conseillerais ? J’essaie tout doucement de me sortir des oeuvres de fiction pour m’intéresser un peu plus aux essais académiques et comme l’époque victorienne est, pour moi aussi, une de mes époques historiques préférées, autant joindre l’utile à l’agréable comme dit l’adage ^^’

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    • Merci ! Contente que ça t’ait plu 🙂

      J’ai cité le Jean-Pierre Navaille dans l’article, je l’avais trouvé facilement en bibliothèque universitaire et il fait vraiment la base en fait, après ça dépend si tu lis l’anglais alors je te conseille le Dickens’ vitctorian london que j’ai mentionné. Il y a aussi un chouette Pitkin Guide qui s’appelle Victorian Era ou quelque chose Victorian. Si je me souviens d’autres titres je te dirai ^^

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  2. Je l’aiiii !! (Tu seras heureuse de le savoir haha).
    Quand je l’avais acheté en occasion, je pensais qu’il était relativement peu connu donc je suis surprise de le trouver sur ton blog ! Et par la même occasion, ça me fait m’y réintéresser 🙂
    Jolie sélection de tableaux !

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    • Ça ne m’étonne pas que tu l’ai en ta possession ! Tu as la version cartonnée ou celle sortie en poche ?
      Apparemment c’est un bouquin qui a été écrit après une série documentaire de la BBC qui a bien marché, maintenant évidemment je veux la voir.

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  3. Un ouvrage qui m’a l’air passionnant ma foi. Tu l’avais emprunté à la bibli ? Je n’imagine pas le truc se lire sur liseuse. Tu utilise tout pleins d’expressions nice en plus (« grenier mental », « la croix et la bannière »). J’aime bien le tableau d’Edwin Long, ça me fait penser à Alexandre Le grand toussa. Mes coms n’ont vraiment ni queue ni tête.

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    • Oui je l’ai trouvé à la bibli. et en fait c’est pas le type à lire sur liseuse 🙂 Sur tablette peut-être remarque avec la couleur pour les tableaux.
      Tu sais bien que tes coms sont très appréciés u_u

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